Le conservatoire des cépages du musée du vignoble nantais


Le musée du vignoble nantais

C’est au Pallet, en terre de Muscadet, un bâtiment d’une belle architecture contemporaine. Ce musée retrace l’histoire du vignoble nantais ; on y découvre la diversité méconnue des terroirs, les outils et les modes de vie des vignerons qui ont façonné l’environnement.

Le conservatoire des cépages

Attenant au musée, il a été créé en 1996 à l’initiative de J. Brosseau, un vigneron du Pallet. Son entretien est assuré par les élèves du lycée viticole de Briacé au Landreau, les vinification sont effectuées par l’IFVV (château de la Frémoire à Vertou). Il est composé des différents cépages ayant été cultivés au cours des siècles dans le département de Loire Atlantique.

C’est Alain Poulard, ancien ingénieur agronome de l’IFVV (institut français de la vigne et du vin) qui m’accompagne et qui me raconte l’histoire surprenante de la vigne dans le département.

Les composantes du conservatoire des cépages

Curieusement, c’est près de la mer, autour de Guérande qu’on trouvait, au Moyen Âge, la plus grande étendue de vignoble. On y produisait le « vin breton ». En 1494, 2250 ha environ produisent 22500 hl de vin.

  • Le Pineau d’Aunis et le Chenin introduits vers 1070.
  • Le Berligou. C’est le plan de Jean V, duc de Bretagne qui fut élevé par Philippe Le Hardi, duc de Bourgogne et grand connaisseur de  vin. Le nom de ce cépage vient d’un lieu-dit sur la commune de Couéron au Nord-Est de Nantes. C’est en fait un Pinot noir (certifié par les annales génétiques de l’INRA de Montpellier). Il fut retrouvé aussi au bord de la mer à Pornichet. Au XVIIIè siècle, il était vinifié en blanc.
  • Le Meslier St François. C’est un cépage blanc cultivé en Loire Atlantique au XVè siècle.
  • La Folle Blanche bien connu sous le nom de Gros Plant nantais, cépage très productif venant du Gers et du Cognac. Elle fut importées par les Hollandais en Loire Atlantique autour de 1500 pour la production d’eau de vie nécessaire au sordide commerce triangulaire dont Nantes était un point de départ important. Les eaux de vie nantaises avaient acquis une bonne renommée mais elles devinrent frelatées du fait des besoins énormes. Ce n’est que vers 1850 qu’on commence à faire du vin avec la Folle blanche et le Melon de Bourgogne mais ces cépages étaient très sensibles à l’oïdium ; on importe alors :
  • Le Pineau d’Aunis,
  • le Colombard,
  • le Chardonnay,
  • le Cot,
  • le Portugais bleu utilisé pour sa couleur (cépage teinturier) et son rendement,
  • le Grolleau de Cinq Mars,
  • l’Auxerrois qui fut testé vers 1800
  • le Melon de BourgogneMuscadet évincé de Bourgogne par Philippe le Hardi (au même titre que le Gamay) passé par le Jura, remonté par la vallée de la Loire jusqu’en Anjou (1500) et arrivé en Loire Atlantique vers 1600. Il fut d’abord destiné à la distillation .

De nombreux cépages étaient en complantation.

Au début du XXè siècle, le vignoble se spécialise et se concentre au sud de Nantes. Après la seconde guerre mondiale, le vignoble nantais est planté à 61% de cépages hybrides.

  • Une originalité parmi les cépages hybrides du conservatoire des cépages : le Boiziau, créé par un vigneron de Vertou, croisement entre un cépage de Palestine et une vigne asiatique. Des grappes énormes et un raisin très sucré.

Le conservatoire des cépages du musée du vignoble nantais mérite une visite.

www.musee-vignoble-nantais.eu

 

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