Château L’Escart, un Bordeaux tourné vers l’Orient. Écoutez voir

Château L'Escart

Juin 2019. Château L’Escart, c’est à St Loubès – Ste Eulalie entre Garonne et Dordogne. C’est le vignoble de 37 ha de Gérard Laurent. Gérard n’est pas issu du milieu viticole. Il était ingénieur dans l’industrie pétrolière. Il a franchi le pas en 1995 pour assouvir sa passion pour la vigne et le vin.

Biodynamie au château L’Escart

Après avoir exercé des responsabilités au sein de l’association des Vignerons indépendants dans le but d’améliorer la qualité et la traçabilité, Gérard s’est tourné vers l’agriculture biologique, seule garante de vins de qualité. Puis ce fut la rencontre avec des vignerons biodynamistes alsaciens qui lui ont transmis leur passion et l’on convaincu de pousser la démarche plus avant. « Ils m’ont ouvert les yeux ».

Plus que les idées de Steiner, c’est le rapport avec le vivant, la vie du sol et des plantes qu’il a retenu dans la pratique de la biodynamie. « Faire un vin sain et vrai. » Pour lui, la biodynamie entre dans une démarche holistique où tout est lié.

Le résultat ? Le vin s’en ressent très rapidement. Le PH de la vendange a baissé, amenant une légère acidité donnant des vins plus stables ne nécessitant pas de sulfites jusqu’à la mise en bouteille.

Un parfum d’Orient

Omar Khayyam

La Perse est un des berceaux du vin. C’est aussi la patrie d’Omar Khayyam, grand philosophe, poète, mathématicien du XIème siècle. Khayyam était aussi un grand amateur de vin.

C’est cette référence que Gérard Laurent a choisi pour nommer une de ses cuvées, lui qui, comme le savant persan, se situe à la croisée de la science et de la poésie.

Des vins en amphores

Les premiers vignerons d’Orient utilisaient la terre cuite pour la vinification, l’élevage et la conservation de leurs vins. Pour sa cuvée Puits du roy, Gérard a choisi des amphores italiennes en Terracotta. Une belle réussite de senteurs et d’équilibre.

Château L'Escart

Les cuvées dégustées au château L’Escart

Eden 2016, 65% Merlot, 30% Cabernet Sauvignon, 5% Malbec, élevée 1 an en fûts de chêne, en œuf béton et en cuve. Une concentration modérée, une belle buvabilité avec des tannins présents mais élégants, sur le fruit, une fraîcheur qui demande à en boire à nouveau. Le 2018 est plus opulent.

Puits du roy 2015, Cadillac-Côtes de Bordeaux, Malbec et Cabernet franc 50-50, élevé 8 à 9 mois en amphores. Des tannins soyeux et souples, une belle rondeur et un bel équilibre. Vin de repas et de garde.

Khayyam 2016, Cabernet Sauvignon majoritaire avec une touche de Merlot et de Petit Verdot, élevé 15 mois en 1/2 muids de chêne neufs. Un vin élégant aux tannins souples, au boisé discret avec une belle fraîcheur. A garder.

Agapé 2012, pur Malbec, un vin aux tannins bien arrondis et soyeux, opulent, sur le fruit cuit, le cuir, le grillé, une grande longueur en bouche, gardant une légèreté telle qu’on en redemande.

chateaulescart.com/

Les vins en biodynamie sont rares sur le Bordelais. Il faut citer ici le travail dans la même veine d’Olympe et Yvon Minvielle au château Lagarette : bonumvinum.eu/cuvee-atlantique-du-chateau-lagarette/

A propos des vins en amphores, Fred Niger, en Pays nantais, en parle fort bien : bonumvinum.eu/les-vins-en-amphores-du-domaine-de-lecu/

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