Vendredi du vin #74 le vin qui désaltère

VDV #74   Fait soif !

 Vin de soif

doisneau, vin de soifMon Grand-père, un Poilu de Verdun et du Chemin des dames, n’aimait pas l’eau. Peut-être n’avait-il pas confiance dans la salubrité de celle de son puits. Il ne buvait donc que du vin. Il cultivait quelques arpents de cépages hybrides (26000, 54-55, Baco) destinés à sa consommation personnelle. Le raisin était pressé dans un vieux pressoir en bois à vis sans fin. Il en tirait une piquette clairette et acide qui titrait péniblement les 10° et encore avec la chaptalisation. Cette boisson était stockée dans un vieux fût de chêne trop volumineux pour la faible récolte et donc rapidement oxydée car il n’était pas possible d’ouiller. C’était un vin de soif. Mais mon Grand-père n’était pas vigneron. La vigne était une partie de la polyculture de son grand jardin.

Je suis donc allé chercher dans les vins de grands-pères et dans les vins de travail. Cela n’est en rien péjoratif, l’exigence première d’un vin de soif est de permettre de reprendre l’effort après le réconfort.

A table avec Léandre domaine Pignier vin de soifDans le Jura, à Montaigu, il y a le domaine Pignier. Un domaine en biodynamie où l’on ne cède en rien à la qualité et à l’authenticité au point que le stock est parfois rapidement épuisé. A côté des vins de l’appellation Jura, il y a la cuvée « A table avec Léandre », Vin de Table. Léandre, c’était le grand-père qui complantait des cépages, jusqu’à 40 mélangés sur la même parcelle. Ses descendants ont voulu refaire son vin en complantation mais avec seulement 8 cépages anciens ce qui permet chaque année une récolte originale et particulière. La cuvée 2013, sans soufre ajouté, est à boire dans les 4 ans. C’est un vin fringant tout en fraîcheur dans sa robe rubis clair aux notes de cerise et de framboise. La bouche est plaisante et fruitée. Un vin qu’on aime boire à la pause lors d’une séance de jardinage pour se désaltérer après l’effort sur une bonne charcuterie.

 "peu muleau" vin de soifLe jardinage, c’est en quelque sorte ce que propose le domaine de la Chevalerie à Restigné – appellation Bourgueil, en culture biodynamique. Chaque année, au printemps, la famille Caslot (Pierre nous a quittés en octobre dernier) organise les « journées binette ». Les amateurs peuvent venir biner et sarcler entre les ceps de Cabernet franc. A la pause, quand on a bien transpiré, on apprécie une bonne tartine de rillette ou une terrine accompagnées de la cuvée « Peu Muleau ». Un vin d’amis, un vin de soif, digeste, frais et fruité à boire dans les 3 ans. Un vin gourmand, rouge intense avec des reflets carmin ; une bouche suave et délicate sur des saveurs de griottes. Et retour à la binette ou …sieste si l’on avait un peu trop soif…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.