Coulée de Serrant et Savennières côté féminin 1


Avril 2018. La lumière est éclatante à l’arrivée sur Savennières, un de ces charmants villages angevins au bord de la Loire. Des rues étroites balisées par d’anciens tonneaux, une église des plus anciennes en Anjou, des toits d’ardoises, des murs de tuf et de schistes. Le village semble endormi. Il est pourtant bien vivant : une halte s’impose au Chenin, un bistrot de village et à l’épicerie coopérative Saveurs dont le coin cave fait dire qu’elle possède « la plus grande cave de Savennières du monde ».

Virginie Joly, la Coulée de Serrant et les Savennières au féminin

Savennières

Virginie Joly

A mon arrivée, Virginie est occupée à la réception de ruches et d’abeilles qui complètent la biodiversité du domaine après les récents ravages des frelons asiatiques.

C’est donc Nicolas, son père, qui m’emmène à nouveau visiter les lieux emblématiques du domaine : vue plongeante sur la Loire, menhir, monastère cistercien niché au creux des coteaux. La Coulée de Serrant, c’est tout un monde préservé.

J’accompagne Virginie au chai. A la Coulée de Serrant, il est considéré comme une maternité, on y élève doucement les vins. Virginie a cédé à l’appel de la terre en 2002. Une terre et des vignes en biodynamie depuis 35 ans. Virginie n’a connu que ce mode de culture, c’était donc, pour elle, une évidence. Elle avoue d’ailleurs qu’elle ne sait pas doser ni appliquer une préparation phytosanitaire.

La biodynamie, c’est un moyen de dégager les énergies de la plante. Elle est aussi liée aux énergies transmises par celui ou celle qui la conceptualise et la diffuse. En ce sens, l’énergie du-de la- vigneron-ne a son rôle à jouer dans la conception des vins. Les Savennières et Coulée de Serrant actuels tendraient donc vers plus de féminité.

Virginie est bien consciente de l’exception du domaine même si, à travers ses nombreuses conférences, son père Nicolas diffuse les théories de la biodynamie. Elle a souhaité étendre la biodynamie à travers un défi courageux : l’association Madavin.

L’association Madavin

Avec Mark Angeli, elle est à l’initiative de cette association humanitaire. L’objectif est de contribuer à la reforestation sur les hauts plateaux de Madagascar. Il s’agit de ramener la forêt pour favoriser l’économie et le tourisme (équitable bien sûr). Afin de permettre aux villageois une autonomie financière, l’association a permis aux habitants une formation à la biodynamie qui rejoint les pratiques ancestrales des paysans locaux. Ainsi, sont nées des cultures permettant de réaliser des huiles essentielles certifiées Demeter. L’objectif à venir est de créer un réseau de vente afin que les paysans malgaches puissent trouver des débouchés à leur production.

Madavin récolte des fonds chaque année en organisant le salon St Jean à Angers dans le musée Lurçat.

Les vins dégustés

  • Les Vieux Clos 2016 Savennières, un vin d’un bel équilibre, rond et tenu par une belle acidité, des notes d’agrumes tel le pamplemousse. Elevé 6 mois en fût de plusieurs vins
  • La Bergerie 2016, Savennières – Roche aux Moines sur schistes, une belle minéralité pour un vin soyeux et délicat. 6 mois d’élevage, pas de bois neuf.
  • Coulée de Serrant 2016, un vin riche, minéral, tirant sur le fumé et les agrumes. Même élevage.
  • Les vieux Clos 2009 Savennières, une robe jaune d’or, un vin exubérant au nez, sur le fruit mûr, sec en bouche avec une belle amertume
  • Coulée de Serrant 2007, sur le fruit exotique, un très bel équilibre et une grande élégance.

A la Coulée de Serrant, on sulfite au soufre naturel volcanique.

coulee-de-serrant.com

 


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